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There are pretenders among us. Geniuses with the ability to be become anyone they want to be. In 1963 a corporation known as the Centre isolated a young pretender named Jarod and exploited his genius for their research. Then one day their pretender ran away...



 
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 Sous une nuit étoilée

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Jaynius
MessageSujet: Sous une nuit étoilée   Sam 10 Aoû - 22:46


Sous une nuit étoilée

AUTEUR(S); Jaynius & Julie Chery
RESUME; Une nuit pas comme les autres sous le ciel étoilé de Blue Cove, probablement la dernière nuit...
GENRE * ;Drame
CLASSIFICATION * K:(6 ans et plus) : Convient à tous à partir de 6 ans. Pas de langage vulgaire, ni de violence ni de scènes de sexe.
PERSONNAGE 1 Jarod
PERSONNAGE 2 Miss Parker









Sous une nuit étoilée


Blue Cove Delaware, trois mois après Carthis
Le paysage hivernal portait avec lui les frêles couleurs de la nuit naissante. Dans le ciel cramoisi, un ballet harmonieux de chauves-souris jouait sa partition d'adieu au soleil.  Ici le froid se trouvait être au moins aussi redoutable que le « Lady Smith » de Mademoiselle Parker. Les températures négatives, obligeaient le moindre passant a, quand il osait sortir, s'emmitoufler dans une épaisse "doudoune" qui, au mieux, lui donnait l'aspect d'un bonhomme de neige dévalent les rues à la recherche de fraicheur pour ne pas fondre. L'asphalte n'était pas en reste, elle s'était elle aussi, parée de son plus beau manteau blanc. La neige quant à elle, présente en quantité sur les routes, se voulait éblouissante, mais surtout glissante. Le ciel d'une beauté sans pareil arborait fièrement sa collection de couleurs hivers.
Pas un seul nuage ne voilait l'horizon berçait pas des milliers d'étoiles. L'astre roi lui se mourait à petit feu et dans sa rougeoyante déclinaison, il offrait à la lune un magnifique passage de relais. L'astre nocturne entra alors en scène, ronde et d'une somptueuse pâleur, elle était insolente de beauté et dévisageait tous ceux et toutes celles qui osait l'admirer. Voilà donc à quoi pouvait ressembler une nuit d'hiver dans les environs. Mais pour la première fois depuis longtemps à Blue Cove, le calme ne précédait pas la tempête...

La neige continuait de tomber, d'abord discrète, elle se faisait à présent abondante, quelques flocons, portaient par une légère brise nocturne, venaient ainsi s'écraser contre les fenêtres d'une somptueuse demeure en pierre. La faible lueur dans l'âtre d'une vieille cheminée disposée dans le salon, était à l'origine de la source de lumière que l'on pouvait percevoir de l'extérieur. Dehors, à l'abri de la neige, dans sa véranda, couverte d'un épais pull en laine et d'une chaude couverture, Mademoiselle Parker observait silencieusement le doux spectacle qui s'offrait à elle. Elle avait délaissé la cigarette et la bouteille de whisky pour une bonne tasse de chocolat chaud qu'elle tenait entre ses mains ainsi protégées du froid.

Le chocolat chaud était devenu, comme une sorte de petit rituel pour exorciser les affronts d'une dure journée passée au Centre.
A la voir ainsi, l'on pouvait aisément constater, qu'en dix années de traque, bien des choses avaient changé. Le régime alimentaire pour commencer. Finit les innombrables paquets de cigarette fumés sur le pouce, les verres de pur malte pris au fil de la journée pour calmer une quelconque impatience. Finit les tenues affriolantes et exubérantes suscitant désir et jalousie. Néanmoins, une chose ne semblait avoir changé, l'amour immuable de la demoiselle pour ses talons hauts, qu'elle continuait de porter en toute situation. Comme quoi, certaines choses ne changent pas...
Assise dans son fauteuil en rotin, le visage levé au ciel, la demoiselle savourait ces petits moments empreints de simplicité et de nostalgie. Elle faisait ainsi revivre, l'espace d'un instant, sa mère et les petits moments qu'elles partageaient ensemble hors des mûrs du Centre. Mais à présent, les souvenirs semblent si lointains et le passé n'est plus qu'une furtive ombre qui s'éloigne chaque jour un peu plus.
Parker sentit la légère brise du vent lui frôler la nuque, elle frissonna et vida d'une gorgée la tasse encore fumante de chocolat, laissant apparaître sur son doux visage, un léger sourire. Elle contempla à nouveau le ciel espérant ainsi y croiser la courte traversée d'une étoile filante pour ensuite, après avoir fermé les yeux, faire un vœu, comme quand elle était avec sa mère dans cette même véranda.

La neige ne cessait de tomber, le vent quant à lui se faisait un peu plus discret, mais quelque part, non loin de la demeure des « Parker », une ombre se dessina sur l'asphalte faiblement éclairée par les rayons de la pleine lune. L'ombre imposante et massive avançait doucement en remontant la rue. En soufflant, l'homme à qui appartenait cette ombre, commença à se frotter les mains et remonta jusqu'à son menton, le col de son long manteau en velours.
L'inconnu continuait d'avancer sur le trottoir, la rue desserte ne facilitait en rien l'accès aux habitations, mais l'homme connaissait très bien les environs et continuait de progresser sans peine vers sa destination.
Jarod arriva enfin face à la demeure en pierre, il vit de la lumière, ce qui le rassura. Il pénétra alors l'allée où se trouvait la berline noire de sa chasseresse. Il se frotta encore une fois les mains, à présent engourdies par le froid. Son visage pâle laissait apparaître une barbe de trois jours, ses joues avaient légèrement rosies sous l'effet du froid.
Les mains dans les poches, il était à présent à quelques mètres à peine du perron, l'instant présent n'était pas anodin pour le caméléon.

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Quatre mois, deux semaines et trois jours. Jarod faisait le décompte dans sa tête, c'était sa façon à lui de rester proche de Parker. Ironiquement cette date correspondait à la dernière fois où le caméléon avait passé, d'un motel miteux, un coup de fil à sa chère "amie".
La conversation ne fut pas longue, quelques minutes, quatre tout au plus. Ils échangèrent quelques mots sur leurs péripéties communes sur l'île écossaise. Parlèrent non sans émotion des interrogations qui se posaient à eux suite à la découverte de certains secrets.
Chacun écoutait avec attention les mots de l'autre. Ce jour-là, en raccrochant, Jarod avait compris qu'il venait très certainement de livrer son tout dernier entretien. Éclairé par le néon écarlate du motel, l'on pouvait voir dans les yeux du caméléon, une grande lassitude...

Et le voilà à présent face à la maison, hésitant à entreprendre la moindre action. Il ne prenait jamais l'habitude de se déplacer, il se contentait simplement de poster de maigres indices menant ses poursuivants sur d’hypothétiques pistes.Il se permettait souvent et à des heures pas possibles, un petit coup de fil à l'adresse de Parker...
Mais en quatre mois, nous pouvions aisément dire que bien des choses avaient changé.
La souris ne sort que très peu de son trou et le chat attend désespérément et sans se l'avouer, un signe de vie de sa proie.

Carthis en somme, fut le lieu de bien des découvertes pour nos deux protagonistes, qui pour la première fois depuis longtemps, s'étaient retrouvés seuls, livrés à eux-même, sans observateurs, sans caméras. L'espace d'un instant, le chat et la souris cessèrent de se livrer bataille et en de telles situations, leur quotidienne course-poursuite n'avait lieu d'être. Bien-sûr une telle situation demande un temps d'adaptation. Ainsi notre chère Mademoiselle Parker était restée un petit moment sur ses gardes, prête à dégainer son Smith & Wesson à la moindre occasion. Mais la jeune femme comprit que celui qu'elle traquait depuis quelques années, était ici, son plus fidèle allier et que par conséquent, elle n'avait d'autre choix que de s'en remettre à lui et de lui faire pleinement confiance.

Pour Jarod, les choses étaient différentes, il se retrouvait face une vieille amie qui se cachait derrière son 9mn. Peu méfiant, il alla droit au but et confronta la demoiselle à la réalité. Ainsi Jarod et Miss Parker firent cause commune pour survivre et découvrir "ensemble" la vérité. Mais cette quête commune, parsemés d'embûches et d'horribles révélations, n'aura fait que rapprocher davantage les deux amis que Parker et Jarod furent durant de longues années avant que le Centre ne les sépare.
Toutes ces péripéties avaient donc permis à ces deux êtres d'appréhender bien des choses, de leur ouvrir les yeux,fermés depuis bien des années, de prendre pleinement conscience de vérités parfois dérangeantes. Oui, les épreuves bien qu'étant difficiles, rapprochent les êtres et ravivent en eux des sentiments que parfois, ils croyaient définitivement oubliés.

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Miss Parker, parlons-en ! Tout semble si compliqué en sa compagnie et ça n'est pas Jarod qui pourra dire le contraire. L'homme possède entre autre des facultés intellectuelles extraordinaires, mais il n'empêche qu'il est présentement confronté à ce qui habite la plupart des êtres humains, les sentiments et leur insondable nature.  
Alors que dire ? Est-ce d'hypothétiques sentiments amicaux ou est-ce bien plus que ça ? La question pourrait paraître simple, mais les apparences sont malheureusement trompeuses à bien des égards.
Et ça, avec sa relative expérience de la vie, Jarod l'avait comprit, c'est pourquoi, ne parvenant à trouver une solution à son trouble, le jeune homme avait décidé, sur un coup de tête, de se rendre, sans préméditation, à Blue Cove, chez Parker.
Bravant le froid et la nuit, il espérait ainsi mettre au clair, ce qui depuis quatre mois, le tourmentait.

Mais derrière cette périlleuse entreprise, se cachait quelques choses de bien plus profond, un mal indescriptible, une peur irrationnelle. Le caméléon avait des choses sur le cœur, des choses qu'ils devaient mettre au clair avant que le temps ne vienne à lui manquer. Restait un facteur important à prendre en compte, la réaction de l'intéressée, car oui, même en la connaissant depuis plus de trente ans, Jarod était incapable de savoir comment allait réagir la miss suite à cette « visite surprise ». Plusieurs scénarios s'offraient à lui sans qu'il ne puisse, avec certitude, en établir un sur lequel se reporter. Bien-sûr, il s'était préparé à l'éventualité que Parker ne le laisse pas repartir et qu'elle décide ainsi de la ramener droit au Centre. Après tout, cette hypothèse était loin de celle qui paraissait la plus plausible. Cela fait des années que la traque perdure, alors pourquoi, du jour au lendemain, Mademoiselle Parker renoncerait-elle à ramener « le rat de labo » dans sa cage ?

Quatre mois se sont donc écoulés, quatre mois à vivre chacun de son côté, quatre mois sans le moindre indice, sans une nouvelle, sans un coup de fil, quatre mois sans rien, pas même un signe de vie. Les jeux sont faits à présent et Jarod, qui d'ordinaire parvient à s'extirper de n'importe quelle situation, doit faire face à l'inconnu. Mais qui sait, peut-être que Miss Parker sera heureuse de le revoir, tout en essayant, bien évidemment, d'amoindrir sa joie.
Tout peut arriver avec Miss Parker, n'est-ce pas ce qui fait son charme ?

----------------------

Toujours emmitouflée dans son épaisse couverture, Mademoiselle Parker ne quittait des yeux les étoiles qu'elle observait depuis au moins deux heures. Elle posa sa tasse vide, souffla sur ses deux mains qu'elle dissimula rapidement sous sa couverture.
La jeune femme ne perdait pas espoir et attendait patiemment « son étoile filante ».
malgré les prémisses d'une légère fatigue, elle resta encore plus d'une dizaine de minutes assise au même endroit avant d'enfin apercevoir l'étoile filante tant attendue. La Miss retrouva son visage enfantin, elle sourit, ferma les yeux et murmura entre ses lèves légèrement asséchée, un hypothétique vœu. Mais à peine eut-elle formulé sa pensée, qu'un bruit suspect se fit entendre au loin. Aussitôt "Dragon Lady" refit surface, elle se leva précipitamment, prit son fidèle « Lady Smith » qu'elle gardait toujours à portée de main et avança vers l'endroit d'où provenait le bruit. Elle put discerner non sans mal, à travers l'obscurité, une ombre en mouvement. Ainsi elle avança pas à pas, pointant le canon de son arme en direction des buissons au fond du jardin.
Gardant son sang froid, elle hurla à l'intention du visiteur :

- Je vous préviens, qui que vous soyez, je suis armé et je n'hésiterai pas à me servir de mon arme. Alors, sortez tout de suite !

Mais malgré les menaces de la jeune femme, personne ne sortit des buissons. Sans peur et sans réfléchir, l'ancienne chef de la sécurité, fit trois pas vers le jardin, tenant toujours en joue les buissons.

-Je ne le répéterai pas, sortez les mains en l'air !

Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'une ombre ne sorte des buissons. Parker, tenant fermement son arme, s'avança un peu plus afin d'identifier l'inconnu des buissons.

-Si vous tentez quelque chose, je n'hésiterai pas à vous loger une balle dans la jambe. Ai-je étais claire ?

-Limpide !

Parker desserra l'étreinte qu'elle exerçait sur la cross de son révolver, elle était intriguée par le son de cette voix qui même étant légèrement affaiblie, lui était étrangement familière. L'ombre reprit sa marche et avança pour se défaire de l'obscurité. Au bout de quelques pas, le visiteur se fit connaître. Le visage de Parker se durcit à la découverte de l'identité de cet indésirable.

-Toi !,dit-elle tout en pointant son arme sur le visiteur. Son visage venait durcit par la colère ne présageait rien de bon pour le dit « visiteur » qui lui répondit non sans une once d'ironie

-Bonsoir mademoiselle Parker !

Elle lui lança un regard qui en disant long sur son état d'esprit. Ceux qui étaient d'ordinaire confrontés à ce regard emplit d'assurance et de supériorité, savaient qu'inéluctablement ils passeraient comme qui dirait « un mauvais quart d'heure ». Néanmoins, au bout de quelques fructueuses secondes d'observation, le regard cristallin de la jeune femme perdit de sa dureté. Malgré l'azur insondable de ce regard, Jarod parvint à comprendre que la colère avait laissé place à de l'inquiétude, chose qu'il n'avait plus revu depuis des années dans le regard de son « amie ».Mais lorsque l'on observait plus en détail Jarod, l'on pouvait aisément comprendre l'inquiétude émanant du regard Parker. En effet, l'apparence physique du caméléon avait « quelque peu » changé en l'espace de quatre mois. Les traits de son visage s'étaient davantage affinés, ses joues étaient légèrement creusée et sa carrure autrefois imposante, laissé à présent place à un corps amaigrit.

Parker s'arma de courage et croisa le regard du caméléon, son cœur se serra, car dans les yeux couleur chocolat de Jarod, il n'y avait plus rien. La petite étincelle qui animait autrefois le regard enfantin de son ami, avait tout bonnement disparu au profit d'une grande lassitude. Se refusant toute marque d'humanité à l'égard de Jarod, Parker entama la discussion comme si de rien n'était. Mais elle devait cependant fournir d'importants efforts pour dissimuler son trouble.

-Alors, tu as décidé de te rendre ?

-Pas vraiment !

-Alors, puis-je savoir ce qui me vaut l'honneur de ta visite ? Tu as envie de jouer avec le feu à ce que je vois. Mais tu as de la chance Wonder-boy, ce soir je ne suis pas d'humeur à jouer au chat et à la souris. Déguerpit avant que je ne change d'avis !

-Non !

-J'espère que tu n'es pas sérieux ?  !

-Si, j'ai bien peur de l'être

-Tu ne manque pas de culot ! Tu te pointes ici, chez moi, sachant que j'ai pour mission de te ramener au Centre. Qu'est-ce que tu veux ? M'ouvrir les yeux sur cette vie pathétique que j'ai décidé de mener ? Me dire que j'ai commis assez d'erreurs et qu'il est temps de les réparer ?

-Non...

-Laisse-moi deviner, tu viens me promettre une nouvelle vie, celle que je mérite loin du Centre ?

Jarod fit un pas, elle releva son révolver, précédemment abaissé, pour le pointer sur Jarod, toujours aussi mystérieux sur ses intentions.

-Désolé de gâcher tes jolis rêves Jarod, mais je crois qu'il y a longtemps que ce choix a été fait pour nous !

-On peut toujours revenir sur nos choix Parker !

-Vas-t'en ! Je n'hésiterai pas à te tirer dessus s'il le faut et tu sais que j'en suis capable.

-Je n'ai nullement l'intention de m'en aller.

-Dans ce cas tu ne me laisse pas le choix !

Le regard affaiblit de Jarod n'avait pas quitté celui de la demoiselle qui lui faisait face, le canon de son revolver toujours pointé en avant. Malgré les menaces proférées, le caméléon n'avait pas bougé d'un cil, il restait immobile, son regard brillait sous la lune. Ce même regard qui d'ordinaire était pétillant, envoûtant, électrisant, semblait à présent emplit de lassitude, vide, triste, comme si la vie n'avait plus de sens, comme si plus rien ne comptait à présent.
Il se reprit, fit un léger signe de tête et proféra, en guise de provocation, ces paroles :

-Qu'est-ce que tu comptes faire ? Me descendre ?

-Ne me donne pas de bonnes idées Jarod...

-Nous savons tous les deux que tu n'oseras pas me tirer dessus.

-Tu as l'air bien sûr de toi, peut-être un peu trop d'ailleurs. Donne-moi une seule bonne raison de ne pas le faire.

-Je ne suis pas là pour jouer au chat et à la souris, je veux juste qu'on parle...de nous.

- Jarod, je t'en pris, ne vas pas me dire que tu es là uniquement pour parler de « nous », car il n'y a pas de « nous » et il n'y en a jamais eu...

-Pourtant, ce n'est pas ce que disait une petite fille que j'ai connu par le passé. Elle, elle aimait la vie, elle était heureuse, gentille, innocente. Où est-elle donc à présent ? Que reste-il d'elle ?

-Elle n'existe plus alors oublie là.

-Non, je suis sûr qu'elle est là, derrière ce masque que tu portes comme une armure depuis des années.

Il prit son courage à deux mains et fit un pas vers la miss qui continuait de le tenir en joug.

-De qui te protèges-tu ? De quoi as-tu si peur ?

-Recule tout de suite où je ...

-Où tu quoi ? Tu vas me tirer dessus, m'abattre sur ta terrasse ? Et bien vas-y fais-le ! Je n'ai plus rien à perdre de toute façon. Vas-y, tire !

Mademoiselle Parker n'avait jamais été confronté à Jarod de cette façon. Cet air de défi, ce regard vide, ce corps amaigri, il ne fallait pas être pourvu d'une intelligence « supranormale » pour comprendre que quelque chose n'allait pas.
Les paroles de Jarod résonnaient encore dans sa tête, l'attitude de l'homme qu'elle traquait depuis des années n'arrangeait rien à son trouble, mais pour se donner plus de contenance, elle gardait fermement son arme braquée droit en avant.

Pour éclaircir cette absurde situation, « dragon lady » comme on l'appelait au Centre, se risqua à poser quelques questions susceptibles de mettre en lumière l'inquiétude qu'elle cherchait à dissimuler depuis l'apparition de Jarod.

-De quoi parles-tu ? Je ne comprends pas ! Pourquoi voudrais-tu que je te tire dessus ?

Le caméléon se terrait dans le silence, non sans perdre de vue son amie. Il n'avait, semblerait-il, pas accorder la moindre importance à sa dernière question ce qui eut pour effet d'augmenter, et l'inquiétude et l'animosité de la « charmante » demoiselle qui lui faisait face.

-Tu as perdu ta langue Wonder-boy où peut-être que ma question te paraît trop stupide pour que tu ne lui accordes le moindre crédit.

-Pourquoi tu t'évertue à jouer le rôle de la femme méprisante qui prend tout le monde de haut et qui ne veut rien entendre ? Je ne suis ni là pour te faire un sermon, ni là pour t'inciter à revenir sur des décisions que de toute façon tu as déjà prise.

-Alors, pourquoi es-tu là ?

-Je te l'ai dis, je suis là pour parler et d'ailleurs je pense qu'il serait plus facile de le faire sans ton arme pointée sur moi. Alors s'il te plaît, baisse là !

Parker se donna quelques secondes de réflexions, puis curieuse d'en apprendre davantage, elle baissa son arme.

-Merci !

-Vas-y parle, je t'écoute !

-Est-ce qu'on peut s'asseoir ?

-Tu vas arrêter de tourner autour du pot et me dire ce que tu as à me dire ?

Jarod commençait à vacillait à présent, il tentait tant bien que mal de rester droit, mais les tremblements persistaient sans qu'il ne puisse les cacher. Sa voix prit une autre intonation

-Parker s'il te plaît ! Je te le redemande une dernière fois, pourrions-nous, nous asseoir ?

-Oui...d'accord ! Tu n'as pas l'air bien.

-Serais-tu inquiète pour moi ?

-Il ne faudrait pas qu'il arrive malheur à l'enfant prodigue du Centre.

Jarod ne prêta pas attention à ce pique lancé pour cacher une inquiétude de plus en plus visible. Le caméléon s'assit, à nouveau il posa son regard sur celui de son interlocutrice, qui mal à l'aise regarda dans une autre direction. Parker avait perdu de sa superbe en l'espace de quelques minutes. Elle voulait à présent éviter la confrontation directe pour ne pas compliquer les choses. L'espace d'un instant elle fit abstraction de la situation et sans trop savoir pourquoi, elle changea de conversation, comme si de rien n'était, comme si la situation n'était pas absurde.

-J'adorais venir ici avec ma mère quand j'étais petite. C'était notre endroit, notre univers à nous...

-Elle te manque toujours autant à ce que je vois...

-Je pense à elle chaque jour et il m'arrive souvent d'entendre sa voix

-Ton instinct naturel !

-Oui, mon sixième sens

-Et maintenant, que te dis sa voix ?

-Depuis Carthis je ne l'entends plus

-On dirait que beaucoup de choses ont changé depuis Carthis

-Beaucoup trop à mon avis.


-----------------------------

-Maintenant il faut que tu m'écoute et sans me couper, j'ai quelque chose d'important à te dire

-Ca doit l'être suffisamment pour que tu prennes le risque de venir jusqu'ici.

-Oui ça l'est

-Jarod je t'en prie pas de long discours. Va droit au but...

-Il y a tant de choses que j'aimerais te dire. En commençant par le fait que le Centre nous a séparés trop tôt, bien trop tôt. Depuis ce qui est arrivé sur cette fichue île, je ne crois plus au hasard.

-Je n'y ai jamais cru.

Un moment d'accalmie venait de s'installer entre les deux anciens amis. A la dernière parole de la miss, un mutuel léger sourire se dessina sur leur visage. Parker fut la première à le remarquer et s'en sentit gênée. Elle qui voulait être dure et hors d'atteinte, se voyait à présent prise en flagrant-délit de sourire.

Jarod voyant que l'attention de son interlocutrice se dissipait peu à peu, se permit de lui prendre la main. La miss se reprit et lui lança, en guise d'objection, un regard qui en disait long.

-Qu'est-ce que tu fais là ?

-Écoute moi, ne me ferme pas ton cœur comme tu as pu le faire à de nombreuses reprises.

Parker, visiblement peu enclin à lutter ce soir, desserra la mâchoire et acquiesça, Jarod la regarda surprit qu'elle cède aussi facilement

-Bah vas-y, parle, qu'est-ce que tu attends ?

-Que d'amabilité !

-Jarod je t'en prie, arrête de parler pour ne rien dire et va au fond des choses pour une fois.

-Ok. Si je suis là aujourd'hui c'est avant tout parce que j'ai pris conscience d'une chose essentielle. La vie est trop courte pour y perdre du temps

-J'ai peur de ne pas te suivre là.

Parker prenait sur elle pour rester patiente, mais Jarod ne lui rendait pas la tâche facile. La jeune femme ne savait si elle devait être inquiète ou en colère face à ce mystère que Jarod semblait décidé à entretenir. Mais il y avait ce quelque chose qui faisait qu'elle se sentait bien plus inquiète qu'à l'ordinaire.

Le regard amande de Jarod venait de s'alourdir et à présent il luttait pour ne pas laisser les larmes coulaient. Depuis qu'il le savait, ses émotions étaient bien plus difficiles à contrôler qu'à l'ordinaire. Il serra alors la mâchoire, prit quelques secondes avant d'enfin reprendre la parole

-Il y a un mois j'ai commencé à me sentir mal, ça devenait quotidien et les douleurs de plus en plus intenses ne m'ont pas laissé de réel choix. Je n'ai rien dis surtout pas à Sydney, surtout pas à toi.

-Quoi ? Tu as le mal du pays et tu n'oses l'avouer ? Tu sais Jarod le Centre t'accueillera les bras ouverts.

Parker, pour se donner une contenance, prit ça sur le ton de l'ironie. C'était surement sa façon à elle de se détacher et ça Jarod l'avait bien comprit. Il ne prit aucune pincette et cette fois, il alla droit au but

-J'ai une tumeur !


________________________________

Why did you save my life?
Because I still remember the little girl who gave me my first kiss.



Dernière édition par Jaynius le Jeu 15 Aoû - 8:27, édité 5 fois
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